Echos de la Presse

MIROIR de L'ART V ivre en VAL-D'OISE AMINA

MIROIR de L'ART N° 6 - Eté 2005
La Transe des Mots

Née à Jérémie, Haïti, île martyre, temple des poètes, Maggy De Coster, "écorchée vive, ébranlée et fissurée jusque dans les atomes de son être", partage depuis dix-huit ans nos solstices d'été et d'hiver.
Une écriture libérée, un syncrétisme éclairé nous livrent une exemplaire leçon de vie.
La tramontane des soupirs ou les mémoires inachevés d'une île moribonde sont autant de titres révélateurs de la douleur que transcende le spectre de l'oubli.
L'itinéraire interrompu d'une jeune femme journaliste la conduit au chant de Soledad. Non loin des chemins d'amertume et des sentiers de révolte s'obstine une sente bleue en quête d'un sens au non sens de l'existence.
Couverture de la revue N°6 «Ta musique divinise mon âme
et longtemps ton chant courra
dans mon champ abandonné
à la rose du vent.»

Sa poésie se fait-elle beauté et désespoir :
«...Je tends ma main dans le vide pour attraper les pages d'espoir...»
«...Cette coupe de fiel bue comme de l'ambroisie.»

Bientôt, dans de très belles errances, elle se fait ondulatoire :
"Abriter dans son coeur une plaie ouverte qui saigne chaque fois que le vent la balaye de son souffle. Véritable tornade qui déstabilise les pans d'une vie déjà naufragée par les marées de l'inconscience d'autrui."
Jean Cocteau ne disait-il pas :
"On ne se consacre pas à la poésie on s'y sacrifie..."
Voilà qui appréhende bien le poète.
Journaliste de formation, membre de la Société des Gens de Lettres, elle est membre actif de la Société des Poètes Français (rédactrice en chef de la revue «l'Agora», organisatrice de manifestations éditoriales, du printemps des poètes, de lire en fête...).
Créatrice du «Manoir des Poètes», revue à vocation poétique, culturelle et littéraire, elle s'investit également dans de nombreux ateliers de poésie pour enfants.
Monique Poulard

VIVRE EN VAL D'OISE N° 71 - janvier 2002
Poètes en Val d'Oise

A Montmagny aussi
C'est la plus jeune. Elle est née en à Haïti, mais elle est de nationalité française.
Dans ses poèmes, elle fustige, dénonce, lance des cris du cœur. Elle écrit allongée sur son lit, assise à sa table de travail (elle est titulaire d'un D.E.A. de sociologie du droit et relations sociales) mais aussi à la plage ou sur un bateau.
Son nom : Maggy de Coster.
Elle habite Montmagny.
Elle vient récemment de créer une revue semestrielle : Le Manoir des poètes.
Poète moderne, elle aime aussi la poésie classique bien qu'elle en use peu. Membre de l'association des femmes journalistes, militante des « chiennes de garde », sociétaire des poètes français, membre du conseil d'administration de l'association des Rencontres européennes, elle a aussi publié un essai sur la presse et écrit de nombreuses nouvelles.
C'est un jeune poète à suivre.
Jean Aubert

FEMMES CRÉOLES (AMINA N°358)
Maggy de Coster, correspondante de presse à Paris

Il ne faut pas être une journaliste noire à Paris.
C'est ce qui ressort de l'expérience personnelle et professionnelle de cette jeune femme d'origine haïtienne. Elle a longtemps connu la galère avant de pouvoir enfin trouver une place au sein d'une rédaction de province.
Elle vient en effet de consigner son parcours du combattant dans un ouvrage intitulé "Itinéraire interrompu d'une jeune femme journaliste' Un témoignage pathétique et émouvant sur les écueils qui se dressent sur le chemin de la difficile "intégration" des journalistes étrangers dans l'hexagone.

Comment êtes-vous devenue correspondante à Paris du "Journal de l'Ariège" ?
Après mes études, j'ai travaillé à Haïti pour une radio pendant sept mois. J'ai collaboré par la suite à "Haïti en Marche", un quotidien basé aux États-Unis et à l'hebdomadaire "Haïti hebdo". C'était après la chute de "Duvalier". Par la suite, j'ai bénéficié d'une bourse d'études par le truchement de l'Ambassade de France en 1987. A l'issue de ce stage au Centre de Formation et de Perfectionnement (CFPJ) à Paris, j'ai obtenu une prolongation de ma bourse d'études pour assurer la couverture de l'élection présidentielle française de 1988, pour le compte de mon journal. J'ai complété ma formation par un Diplôme d'études approfondies (DEA) en sociologie du Droit. Puis, j'ai rencontré mon mari avec lequel j'ai eu deux enfants. Entre-Temps, j'ai recherché activement du travail dans la presse française. Malheureusement, j'ai toujours essuyé un refus. En 1994, je suis allée visiter le ‘Marché de la poésie." J'y ai rencontré une écrivaine française, Christine Clairmont, déléguée de l'Ariège de l'Association des poètes avec laquelle nous avons eu un échange de correspondances et d'ouvrages. Elle me demandera par la suite de rédiger un article à l'occasion de la sortie de son nouveau livre. C'est ainsi que je suis devenue correspondante à Paris du "Journal de l'Ariège".
Quelle est la journée type d'une femme journaliste ?
Je me lève entre 6 et 7 h pour préparer et accompagner les enfants à l'école. A mon retour, je lis les journaux et les magazines traitant de l'actualité culturelle qui reste mon sujet de prédilection. Je passe beaucoup de temps au téléphone. Le reste de la journée est une course contre la montre car mes journées sont extrêmement chargées. Je ne dors que cinq heures par nuit.
Que pensez-vous de la non-représentativité des Noirs dans les médias publics ?
C'est un problème qui concerne toute la communauté. La France ne peut indéfiniment ignorer notre présence. Cela ne s'arrête pas seulement à l'embauche de deux ou trois journalistes noirs. Il concerne également les programmes de télévision, les films et la défense de notre image.
Êtes-vous favorable aux quotas afin de résoudre ce préjudice ?
Tout à fait. C'est une initiative louable. Je salue le combat mené par le Collectif Égalité que préside Calixthe Beyala. C'est le seul moyen que nous pouvons avoir pour défendre nos chances. Car pour l'instant, la porte reste hermétiquement close face à nos légitimes revendications.
Propos recueillis par Florence Dini

FEMMES CRÉOLES (AMINA N°369)
Paroles de poétesses ...

Le samedi 14 octobre l'Association culturelle France OutreMer et l'Association Rencontres Européennes en partenariat avec RFO, l'ambassade d'Haïti, Hépitex. l'Agence de voyage "Les Connaisseurs d'Haïti", organisaient un repas des poètes et un après-midi culturel sur le thème "La poésie haïtienne" en présence des écrivains poètes Joël des Rosiers, Jean Metellus et Lyonel Trouillot, le philosophe écrivain poète Elie Fleurant, les poétesses Michaële Lafontant-Médard et Clorinde Zéphir, mais aussi Maggy de Coster journaliste et poétesse. Une exposition de photographies sur Haïti de David Damoison, photographe martiniquais, a couronné le tout.
"On n'a pas le droit d'être heureux tout seul..."
Originaire d'Haïti, Maggy deCOSTER vit en France depuis treize ans. Journaliste au Journal de l'Ariège, elle est l'administratrice de l'Association "Rencontres Européennes" et est à l'origine de la création d'une revue "Le manoir des poètes" lue par près de deux cents lecteurs. Écrivaine très productive, elle est à son quatrième recueil de poésie publié, en plus d'un essai sur la presse, un article sur son parcours journalistique et en dernier lieu un roman intitulé "Le chant de Soledad". Elle écrit aussi des histoires et contes pour enfants et travaille avec eux en ateliers de poésie au sein d'établissements scolaires.
Compte tenu votre engagement poétique, quelle valeur revêt pour vous la poésie ?
C'est une chose essentielle, dont je ne peux me passer. Elle fait partie intégrante de ma personne. Je viens de lancer une nouvelle technique d'écriture "la poésie ondulatoire" qui s'inspire de l'écriture automatique instaurée par les surréalistes. Le 4 juin, en bateau sur l'Oise, j'ai été interpellée par l'ondulation du fleuve et je me suis mise à écrire sans penser à ce que je notais. Cela a donné quelque chose de très cohérent que j'ai baptisé "poésie ondulatoire" comme le fleuve qui ondule jusqu'à sa chute dans la mer.
Maggy deCOSTER et Clorinde ZEPHIR
De gauche à droite,
Maggy deCOSTER et Clorinde ZEPHIR
Est ce à dire que tout vous inspire ?
Pas du tout. Ce sont les choses profondes qui me touchent, telles la misère, l'incohérence de l'être humain. J'écris pour me libérer.
La poésie se différencie-t-elle à votre avis selon les cultures ?
Je me considère comme cosmopolite. Je suis avant tout un être humain. Comme aime à le dire un ami, la seule race qui existe est celle de l'être humain ! Une amie française, en lisant un de mes recueils de poèmes, s'y est retrouvée, alors qu'elle n'est jamais allée en Haïti et n'est pas de race noire. Elle exprimerait peut-être autrement ses sentiments, mais a compris ce que je ressentais.
Comment entrevoyez vous la poésie dans ce nouveau siècle ?
La machine est un outil, elle est programmée par l'homme, alors que la poésie est en l'homme. Musset disait "Ah! frappe toi le cœur, c'est là qu'est la poésie...". La poésie doit contribuer au bien-être de la société. Pour ne citer qu'un simple exemple, l'Association "Poètes sans frontières", qui a pour but de contribuer au développement du peuple burkinabé, a mis en place un certain nombre d'actions sociales enfants scolarisés, structures médicales et réalise nombre d'actions humanitaires. La poésie est dans les hôpitaux, les prisons, elle vit. Plus de huit cents associations sont répertoriées et le cinquième arrondissement de Paris est un site privilégié pour les rencontres de poètes. Quelle place revêt la femme dans la poésie ? Elle est très occultée. Régine Desforges a osé publier une anthologie volumineuse de la poésie féminine depuis les lais de Marie de France jusqu'à nos jours. D'autre part, une autre femme, Christine Clairmont, a publié une vingtaine d'ouvrages de poésie et a reçu le "Harvard du Millénium 2000" de l'Académie internationale de poésie en Inde et personne n'en parle ! Parce que c'est de la poésie. Une autre femme fait un travail formidable en organisant depuis quatre ans une rencontre internationale de poésie féminine. L'objectif de ce travail est de publier une anthologie de la poésie féminine d'expression française.
Un mot de la fin ?
Je fais mienne cette pensée de Raoul Follereau : "On n'a pas de droit d'être heureux tout seul..".
Camille Vieux-Fort

FEMMES CRÉOLES (AMINA N°375)
Les premiers "Migans poétiques" du IIIème millénaire

Suite au succès des deux premières éditions, le Théâtre de l'Air Nouveau a conclu un pacte avec la poésie et a ouvert en mars les "Migans poétiques", les premiers de ce nouveau millénaire ! Un événement qui se crée autour de la poésie et qui d'année en années fédère un public avide de nouveautés, de sensibilités et d'échanges...
Cette troisième édition a mis à l'honneur la poésie haïtienne, dans ce qu'elle a de plus sensuel, de plus réaliste, de plus passionné. Deux poétesses haïtiennes ont donc été les invitées de toute cette semaine spéciale, Clorinde Zéphir et Maggy de Coster, dont les poèmes se sont savamment mêlés et orchestrés aux allers-retours entre Haïti, l'Afrique, la Caraïbe et l'océan Indien. Le corps de ces "Migans" qui prend aujourd'hui forme de tradition, se constituait d'une lecture spectacle de Daniely Francisque et Luc Saint-Eloy sans cesse interpellés par les chants traditionnels d'Haïti, de Guadeloupe et de Martinique, interprétés par Josué Erol.
Les Migans poètiques
Les Migans poètiques : de gauche à droite,
Errol Josué, Daniely Francisque et Luc Saint-Eloy
Ce rendez-vous poétique est aussi le temps de la découverte de nouveaux talents, de comédiens et poètes en herbe, tels les élèves de l'Atelier d'art dramatique du TAN qui ont démontré au travers du gestuel et du verbe très engagé, qu'un "vent de liberté" souffle et continuera de souffler sur les générations présentes et à venir quant à l'expression artistique.
L'ensemble ne serait pas complet sans les percussions qui ponctuent nos veillées poétiques ancestrales, et cette année les rythmes du percussionniste haïtien Atissou du groupe Adjabel, ont rendu palpables l'histoire et le feu d'une île presque oubliée : Haïti... Si en milieu de spectacle nos poétesses ont exprimé leurs émotions et sentiments, le clou de celui-ci reste "l'espace de l'échange", temps privilégié des "Migans poétiques" où poètes et comédiens confirmés ou débutants, amateurs et aventuriers des lettres, mais aussi un public peu connaisseur mais en quête d'apprentissage et de découverte, se prêtent au jeu du poète l'espace de quelques heures avec toute la complicité qu'on lui connaît. Cette année, un concours de poèmes sur le thème "la liberté s'arrache" a permis à beaucoup plus de poètes de se révéler non seulement pour faire découvrir leurs textes, mais surtout exprimer leurs émotions quant au spectacle offert.
Plus que les autres années, les "Migans poétiques" ont instauré un cadre encore plus familial et intimiste, où l'ouverture du cœur a primé sur la parade ou le savoir.
Le TAN a aussi joué sur la nouveauté quant à la dégustation, puisque "Spécialités Antillaises", le traiteur de la semaine, s'est fait apprécier chaque soir grâce à des menus variés et différents, pour la plus grande joie des fins palais et des gourmands de la bonne cuisine ! L'équipe du TAN, au cœur de l'organisation, a donc dénombré chaque soir une augmentation époustouflante du nombre de visiteurs, soit une moyenne de près de 300 personnes sur la semaine.
"Ah ! Bats Toi mon ile et émerge de ton cauchemar millénaire.
Il tonne encore dans le cœur de tes fils dérivant sur les vagues tourmentées de la mer des Caraïbes..."
Maggy de Coster : "J'ai été très touchée de voir mes poèmes mis en scène par de tierces personnes. Ceci me donne une autre vision du travail que j'ai réalisé. Car on ne se rend pas très bien compte de la vision que peut avoir l'autre de son œuvre. Et À ce propos je souhaite vivement remercier Luc Saint-Eloy en qui j'ai découvert un homme enthousiaste, convivial, plein d'initiatives et au grand cœur. Ce soir, j'ai profondément apprécié cette mise en scène de poèmes mêlés de chants traditionnels qui me replongent à la source même de Haïti alors que cela fait près de quatorze ans que je n'y suis pas allée. J'ai redécouvert des rythmes des expressions, une langue perdue de vue de par mon expatriation. Je tiens donc à remercier Daniely, Josué, Luc, Atissou, pour ce merveilleux cadeau qu'ils m'ont fait..."
Clorind Zephir : "Je reste pour ma part profondément émue ce soir à l'issue de cette mise en scène de poèmes divers. Je ne me rendais pas compte de la sensualité passionnée que dégageaient mes textes et les voir sous cette forme me stupéfait et me ravit car je suis moi-même empreinte de cette sensualité et jeu de l'amour que ces acteurs ont découvert et ont su si bien retransmettre. En tout cas, cette représentation m ‘amène ce soir à davantage me pencher sur la symbiose qui peut exister entre l'esthétique et la poésie. Esthétique et beauté qui m'amènent à reconsidérer la position des femmes dans leur vocation de poétesses. Car s'il y a des poètes abattus, il y a encore plus de femmes dont l'inspiration, le verbe ou la vocation de poète sont annihilés mentalement, mais aussi physiquement. Aussi, à travers cette mise en scène de textes engagés mais aussi très sensibles, je rends hommage aux femmes poétesses..."
Enfin des partenaires (Spécialités antillaises, RFO, Dom-Hebdo, EspaceFM, MédiaTropical de plus en plus nombreux, consacrent désormais la pérennité d'un événement qui fait plus que jamais la joie d'un public fidèle et passionné. Qualitativement et quantitativement, le TAN a encore gagné son pari. La IVème édition fera telle mieux encore ?
Camille Vieux-Fort

FEMMES CRÉOLES (AMINA N°388)
Maggy de Coster, Membre du Bureau de la Société des Poètes Français

D'Haïti chérie à Paris où elle s'est établie, Maggy de Coster nous livre le parcours de sa vie et son goût pour l'écriture, la poésie et la justice humaine à laquelle elle prend part à travers la plume.
Vous écrivez depuis votre très jeune âge. Quelle a été votre première publication ?
J'ai fait mes premiers pas en classe de troisième en Haïti, en écrivant des poèmes dans la revue des écoliers, intitulée La Jeune Muse. Cette revue était dirigée par un jeune professeur de lettres et de philosophie, Christophe Charles, qu'on appelait Le Benjamin des Grands Poètes de la Littérature Haïtienne. J'ai ensuite écrit dans La revue interjeunes du lycée. J'ai publié mon premier recueil de poèmes à l'âge de 18 ans intitulé Nuit d'assaut, aux Éditions Choucoune, dirigées par Christophe Charles. Ce sont des poèmes engagés sur la situation politique en Haïti. Je fais partie de La Génération des Gens Enragés, des jeunes qui dénonçaient les situations d'injustice qui régnaient dans le pays, en menant le combat par la plume.
N'avez-vous pas eu peur des conséquences que cela pouvait engendrer pour vous et votre famille ?
Nullement. On devait prendre la situation en main. En tant qu'être humain - même si je vivais chez mes parents et que je n'étais pas dans le besoin. J'ai été très tôt sensible à la situation d'injustices politique, économique, sociale qui régnait. Le pays allait mal, il fallait agir. J'ai apporté ma contribution par la plume, en prenant des risques, certes. Je me souviens de certains amis qui prenaient des pseudonymes tels que Jean Rage, Jean Flamme. Moi, je n'en ai jamais pris.
Vous êtes une femme éprise de justice, sensible aux maux du monde...
Dès mon plus jeune âge, je voulais être médecin, étant touchée par la misère qui sévissait autour de moi. Je voulais être Médecin des pauvres. J'avais vu des femmes accoucher à même le sol par manque de moyens. Je me prédestinais donc à être gynécologue afin de leur venir en aide.
Vous avez donc étudié la médecine?
J'étais en section C : maths et langues. Étant plus douée en littérature, je me suis orientée vers le journalisme, ce qui m'a permis de dénoncer l'injustice et de la combattre par la plume.
C'est cette même voie qui vous amènera en France?
Effectivement, grâce à l'ambassade de France en 1987, j'ai effectué un stage de formation au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (CFPJ), que j'ai complétée ensuite par un Diplôme d'Études Approfondies (DEA) en Sociologie du Droit et Relations Sociales. Je me suis mariée en France et m'y suis installée.
Participez-vous à des rencontres avec des auteurs afros-caraibéens ?
Je rencontre des gens de différentes nationalités dans le milieu français. J'ai un ami poète de la République Démocratique du Congo, Olivier Sangi Lutundo, le Poète de la Paix, il va être le correspondant de la Société des Poètes Français en RDC. Nous nous sommes rencontrés dans le cadre de la Société. Je suis en contact avec le Théâtre de l'Air Nouveau qui m'informe de es activités. Mais je n'ai pas d'endroit spécifique dans le domaine poétique en ce qui concerne les auteurs afroscaraïbéens. Je suis plutôt cosmopolite.
Votre vision de l'avenir ?
Croire en soi, se donner les moyens de croire en l'avenir. Avoir un but, ne pas s'en départir quelles qu'en soient les circonstances. La vie n'est pas toute noire, ni toute rose. Je souhaite que les jeunes s'intéressent davantage à la poésie. Ils peuvent changer les choses à travers elle.
Votre vœu le plus cher ?
La famille avant tout. Voir grandir mes deux enfants. Qu'ils aient un avenir et que la poésie puisse les aider à changer les choses.
Vous avez d'autres activités poétiques ?
Je n'en parle pas beaucoup, mais j'interviens en tant que poète dans les écoles maternelles et primaires pour faciliter la lecture aux enfants. J'écris des poèmes et des contes pour enfants de la maternelle au primaire. Cette année, on a rendu hommage à Victor Hugo.
Combien de publications avez-vous à votre actif ?
J'ai publié sept livres dans différents genres littéraires : recueil de poèmes, roman, nouvelle.

FEMMES CRÉOLES (AMINA N°410)
Les festivalières du 1er Printemps des poètes, des Afriques et d'ailleurs

Du 9 au 13 mars 2004 s'est déroulé à Paris, sous le haut patronage de Jacques Rabemananjara (Grand Prix de la Francophonie de l'Académie Française), le 1er "Printemps des poètes des Afriques et d'Ailleurs".
Une initiative que l'on doit à Thierry Sinda, notre collaborateur pour la rubrique Cinéma et poète (auteur de "Voyage en Afrique à la recherche de mon Moi Enivré " aux Editions Atlantica). La manifestation a réuni une vingtaine de poètes de divers horizons géographiques et près de 200 personnes ont pris part à ce festival poétique qui, de l'avis général, fut un véritable succès !
A cette occasion, AMINA a rencontré quelques "festivalières".
Houria, poetesse malgacho-comorienne,
Evelyne Pèlerin Ngo Maa, conteuse et poetesse camerounaise,
Lima Fabien, poetesse guyano-martiniquaise,
Jhoyce Oto, poetesse camerounaise,
Marie-France Duparl-Danaho, poetesse guyanaise,
Mariam Abdou, comedienne malgacho-comorienne,
et Maggy de Coster, poétesse haitienne
Maggy de Coster a été marquée dans son adolescence par les Fables de La Fontaine, qui peignaient à merveille les travers des hommes. C'est ainsi que vont commencer les balbutiements poétiques de cette brillante élève, qui dévorait les livres. "J'avais à peu près 14 ans, et la poésie était pour moi un refuge qui me permettait de fuir les problèmes liés à l'adolescence. C'est alors que la jeune Maggy va se lier d'amitié avec d'autres jeunes poètes en herbe. Leur rencontre débouchera sur une petite revue poétique d'écoliers, qu'ils baptisent "La Jeune muse". Lorsqu'elle quittera Jérémie, sa ville natale, pour Port-au-Prince, la poésie, elle, ne la quittera pas. Elle fréquentera un club littéraire animé par Christophe Charles, un grand poète haïtien, professeur de philosophie et de lettres. "Christophe Charles, c'était l'ami des jeunes, notre guide littéraire, notre grand frère. Il avait environ dix ans de plus que nous".
En 1979, Maggy est lauréate d'un Prix de poésie remis par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Deux ans plus tard, le promoteur des jeunes poètes, Christophe Charles, lui fait faire le grand saut poétique en éditant son premier recueil "Nuit d'assaut" (éditions Choucoune, Port-au-Prince, 1981). Depuis, Maggy de Coster a publié cinq recueils de poèmes et reçu d'autres distinctions honorifiques. Elle anime également la revue semestrielle "Le Manoir des poètes", une jeune revue poético-culturelle et littéraire. Pour Maggy de Coster, "le Printemps des poètes, des Afriques et d'Ailleurs" est une excellente initiative, un grand bond - à continuer! - parce que cela nous permet de nous rassembler."
La vie et l'oeuvre de Maggy DE COSTER : BiographieBibliographieDiscographieEchos de la presseCritiques de presseGratifications